IA décoration intérieure : rendu en 15 secondes et 3 limites qu’on a vite repérées

Au départ, on voulait juste savoir si notre salon rendrait mieux en gris anthracite ou en vert sauge avant de racheter un canapé qu’on regretterait pendant dix ans. On a testé plusieurs outils d’IA pour la décoration intérieure sur nos propres photos, chez nous, un dimanche après-midi. Voici ce qu’on en retient, sans filtre.

Qu’est-ce qu’une IA de décoration intérieure, concrètement

Derrière le terme, il y a des outils qui transforment une photo, un croquis ou un plan en proposition visuelle nouvelle. On envoie une image de la pièce telle qu’elle est, on choisit un style, et l’outil génère une version repensée : autres couleurs, autre mobilier, autre ambiance. Certains partent d’une pièce vide, d’autres d’une pièce déjà meublée qu’ils relookent. D’autres encore acceptent un plan ou un fichier SketchUp et en sortent un rendu plus réaliste, plus proche de ce que donnerait vraiment la pièce une fois le projet fini.

De la photo au rendu en quelques secondes

Ce qui nous a surpris, c’est la vitesse. Gepetto annonce un rendu en moins de 15 secondes, SketchUp Diffusion en moins de 20, MyArchitectAI un peu moins de 10. Dans les faits, nos premiers résultats sont arrivés quasiment instantanément. Bien plus vite qu’on ne s’y attendait en imaginant ce genre d’outil.

Ce que ces outils permettent de faire avec une pièce

Au-delà du relooking simple, on a retrouvé les mêmes fonctions chez presque tous les outils testés : remplacer un meuble, changer une couleur de mur, modifier une texture, supprimer un objet qui gêne sur la photo, ou encore simuler une mise en scène complète pour une pièce vide, un peu comme le ferait un home staging avant une vente. On peut aussi partir d’une pièce déjà meublée et juste tester un changement : un mur repeint, un canapé différent, sans toucher au reste.

Ce que l’éclairage change dans le rendu

Damien : c’est le point qui m’a le plus intéressé. Une bonne partie du réalisme d’un rendu tient à la façon dont la lumière se propage dans la pièce, se réfléchit sur un mur clair, s’absorbe dans un tissu sombre. On retrouve presque la même logique qu’avec nos spots de jardin en 12 volts : une source, une onde qui se diffuse, et un résultat qui change complètement selon l’angle et la surface qu’elle rencontre. Les outils qui gèrent bien cette propagation donnent des images crédibles ; les autres produisent des pièces qui ont l’air repeintes en plein jour sans ombre, un peu plates. On l’a vu tout de suite en comparant deux rendus côte à côte sur la même photo de salon.

Les outils que nous avons comparés

On n’a pas tout testé en profondeur, mais on a regardé les caractéristiques annoncées par chacun, en octobre.

Outil Styles proposés Vitesse annoncée Tarif constaté
Canva plus de 30 styles rapide 5 Go gratuits, jusqu’à 1 To en Pro
Gepetto plus de 30 styles moins de 15 secondes environ 40 € par mois après essai
MyArchitectAI non précisé moins de 10 secondes 10 rendus gratuits par mois, puis 29 $/mois
HomeDesigns AI plus de 75 styles non précisé à partir de 27 $/mois pour 100 modèles
Virtual Staging AI plus de 50 styles non précisé à partir de 25 $/mois pour 6 images
Planner 5D bibliothèque de plus de 8 000 articles non précisé à partir de 4,99 $/mois
Spacely AI non précisé non précisé 3 images test gratuites, puis à partir de 10 $/mois

Gratuit, essai ou crédits : la nuance qui coûte cher si on la rate

Sophie : j’ai mis du temps à comprendre la différence entre un outil « gratuit » et un essai limité. Chez certains, on a un vrai quota mensuel gratuit (10 rendus pour MyArchitectAI, 3 images test chez Spacely AI). Chez d’autres, c’est un essai ponctuel avant de basculer sur abonnement, et la facture arrive vite si on enchaîne les générations. Avant de se projeter sur un outil, mieux vaut vérifier si la gratuité tient sur la durée ou juste le temps de l’essai.

Comment on a testé une photo de notre salon

La marche à suivre est globalement la même partout : on importe une photo de la pièce, on choisit un mode (relooking complet ou retouche ciblée), on sélectionne un style dans la liste proposée, on lance la génération, puis on peut retoucher certains éléments avant d’exporter l’image. Sur notre salon, en gris anthracite contre vert sauge, les deux rendus étaient suffisamment différents pour trancher sans acheter de pot de peinture test. Ça a pris moins de temps qu’un aller-retour au magasin de bricolage.

Les limites qu’on a vite rencontrées

Trois choses nous ont arrêtés assez vite. D’abord, les dimensions : un rendu peut proposer un canapé qui ne rentrerait jamais dans l’espace réel, l’IA ne vérifie pas toujours l’échelle avec précision. Ensuite, la disponibilité : le meuble généré n’existe pas forcément dans le commerce, ou pas au prix qu’on imagine. Enfin, et c’est le plus important pour nous : dès qu’un projet touche à une cloison à déplacer, une prise à ajouter ou une structure qui porte du poids, on s’arrête et on passe la main à quelqu’un de compétent pour ce sujet précis. L’IA aide à se projeter et à choisir une direction. Elle ne remplace pas ce genre de vérification.